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mardi 12 janvier 2016

[habitats hybrides] De l'accumulation à l'hybridation des "espaces", la créolisation des habitats


Développant depuis de nombreuses années un accompagnement de collectivités, porteurs de projets particuliers et entreprises à la conception-création d'espaces au croisement de l'espace public, collectif et intime, nous avons amorcé en janvier 2014 un important de travail de recherche sur les "espaces hybrides", concept que nous avons développé.

Ce projet "d'observatoire des Espaces hybrides et autres tiers lieux" se nomme "Obsidienne", métaphore entre la richesse sensible et fragile du lien social dans ces lieux et la beauté fragile mais superbe de cette roche noire.

Nous développons ces actions de recherche-action en partenariat avec l'Institution du Design Territorial.

Voici, en exclusivité pour vous, un des premiers résultats de la recherche, le cheminement de l'éco-socio-spatialité de ces espaces.

Nous identifions à ce jour trois niveaux, répartis entre le tiers lieu et l'espace hybride.

- A l'origine, il y a le  "lieu communautaire", le tiers lieu dans sa dimension sociologique, affirmé par un code de valeurs et un fonctionnement renvoyant au langage du militantisme.
Ces espaces ont la particularité de donner l'opportunité de développer les notions "d'archipels de certitude", idée chère à Edgar Morin tout comme à celle "d'analyse comportementale et spatiale", concept développé par Max Lassort, socio designer à Prima Terra, afin de créer des espaces de ressourcement propres à se libérer de la frénésie contemporaine de la vitesse.

- Au milieu, par un compromis du marché, arrive par la suite l'espace standardisé, donc marketisé, pour répondre aux différentes attentes des travailleurs-consommateurs d'espaces, souvent siglé de l'appellation "tiers lieu" pour développer son attractivité, que l'on retrouve à travers la fonction souvent unique "d'espace coworking", ou de "espace des publics" pour l'espace dit public, par opposition à la place publique, tous deux administrés par le pouvoir public mais l'un au service d'une diversité de profils à visée économique, l'autre à visée d'échanges et de débats d'idées.

- Puis vient enfin le "lieu d'individuation communautaire", notion renvoyant à l'idée que des espaces peuvent renforcer, à la fois un sentiment d'appartenance à une marque, un style de vie, le life style, par le renvoi à des codes et rites de communautés d'acheteurs tout en permettant de répondre à l'enjeu des organisations, publiques comme privées, d'élaborer des espaces "hyperserviciels", en réponse à la volonté d'autodétermination, de bien être en électron libre et de développement personnel des individus.

Voici une illustration du spectre de ces nouveaux espaces, de la simple accumulation d'options serviciels au métissage fonctionnel, fabriquant des nouvelles normes sans normes repères, au détriment d'une lecture apaisante et culturelle de notre société, l'hybridation peu renouvelé sans dénaturé, participant de l'invention du monde d'Après.

L'idée de "créolisation des espaces" nous paraît également intéressante à explorer, notion renvoyant à celle d'Edouard Glissant, idée selon laquelle 

"la mise en contact de plusieurs cultures ou au moins de plusieurs éléments de cultures distinctes, dans un endroit du monde, [aurait] avec pour résultante une donnée nouvelle, totalement imprévisible par rapport à la somme ou la simple synthèse de ces éléments".

Ainsi, les espaces auraient une faculté, de plus en plus observés, à exister puis disparaître en fonction des besoins, des attentes, des opportunités de l'environnement. Nous pouvons citer par exemple les "pop-up stores" ou boutiques éphémères.



On observe ainsi que l'espace public, dans sa "version originelle", était vécu comme un tiers lieu d'un point de vue sociologique. Il apparaît cependant que ces espaces ont tendance, en milieu hyper urbain, à dévier vers des espaces hybrides, à la faveur de programmes de revitalisation voire d'aménagement urbain, où le prototypage de nouveaux services et produits marchands voire la marchandisation des données apparaissent.
Ici, dans l'illustration ci-dessus, l'exemple de la Place de la République à Paris.


Pour aller plus loin dans la réflexion, nous avons souhaité cartographier les mots qui pouvaient révéler l'intensité des dynamiques présentes dans ces lieux, où la porosité des frontières est de mise, de façon permanente.

Voici cette cartographie bêta des espaces.


Bien entendu, comme la sémantique générale l'explique, "la carte n'est pas le territoire".

En effet, il faut lire ici une représentation du Monde dans lequel nous vivons, cherchant à faire ressortir l'essence des mondes qui se côtoient et parfois se mêlent, se démêlent et se rencontrent.

Nous pouvons vous soutenir pour analyser, comprendre et discerner les ingrédients indispensables à la vie de ces lieux, les singularités territoriales à privilégier mais aussi les tenants et aboutissants de ces nouveaux espaces, ces habitats hybrides qui apparaissent pour répondre aux mutations de notre société.

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